Si le leader est celui ou celle qui permet collectivement les conditions qui mobilisent au sein de son écosystème, le leader à visée régénérative inscrit notamment ses interventions dans le cadre des limites planétaires telles que développées par l’équipe internationale de chercheurs du @Stockholm Resilience Centre et de la théorie du Donut telle que développée par @Kate Raworth. Il ou elle inscrit ses actions dans le cadre des planchers sociaux (accès aux éléments essentiels de la vie, comme les soins de santé, l’éducation, l’équité…) et les plafonds écologiques (les limites planétaires comme le changement climatique, la perte de la biodiversité, la pollution de l’air…).
Et au-delà de ce cadre « rationnel », porté par la communauté scientifique internationale, les actions menées par les leaders sont le fruit de décisions quotidiennes. Et ces décisions quotidiennes sont influencées par nos émotions, comme le démontre le neuroscientifique Antonio Damasio, notamment dans son ouvrage L’Erreur de Descartes. Nous avons besoin des émotions pour prendre une décision ajustée à la situation.
Les émotions sont des modalités de contact qui apparaissent dans la situation. Elles
- informent sur la situation et fournissent une orientation
- signalent la présence d’un besoin
- informent de ce qui a du sens pour nous, nous intéresse
- clarifient la pensée et la prise de décision
- préparent à agir
- motivent, donnent de la saveur à la vie et amplifient les impacts.
Or, pour des raisons culturelles, nous nous privons d’une grande partie de nos émotions. Pour caricaturer à gros traits, les hommes ont tendance à se priver des émotions socialement considérées comme « féminines » et les femmes ont tendance à se priver des émotions socialement considérées comme « masculines ». Volontairement, je ne donne pas d’exemple d’émotions féminines ou masculines parce que je pense que ces représentations ne sont que des représentations ! Ce qui importe c’est le vécu de chacun/e dans une situation particulière. Pour donner un exemple, une cliente dirigeante m’a partagé sa peur de se mettre en colère par crainte d’être perçue comme un leader qui manque de maîtrise, alors que son environnement professionnel semble valoriser la colère comme de la puissance quand elle est exprimée par un dirigeant homme.
Dans le vivant, le « régénératif » renvoie à la capacité des systèmes vivants (cellules, organismes, écosystèmes...) à se renouveler tout en s’ajustant constamment. Tout être ou milieu vivant est régénératif par nature, à condition de pouvoir s’ajuster instant après instant. Mettre de la conscience sur les représentations culturelles associées aux émotions et faire un travail personnel de prise de conscience et d’expérimentation de nouvelles modalités de contact, se nourrissant de toutes les palettes de couleurs émotionnelles, peut contribuer à permettre ces ajustements, source de créativité et de « bonne santé » des personnes, des organisations et des écosystèmes.
Merci notamment à @Gabrielle Touret d’œuvrer à enrichir les regards et à transformer les pratiques managériales au sein du ministère des armées, dans un contexte géopolitique, écologique et social si préoccupant.
Et pour vous, dans votre écosystème, quelles sont les émotions valorisées et celles qui sont empêchées ? Comment les émotions se sont-elles invitées lors de votre dernière grande décision ?
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